Accueil Date de création : 10/07/07 Dernière mise à jour : 29/11/11 14:05 / 5 articles publiés

Mini Pixar, maxi bonheur  posté le jeudi 02 août 2007 12:41

Blog de gregorya :Hors format, Mini Pixar, maxi bonheur

Pixar c'est certes "Toy Story", "Cars", "Les Indestructibles", "Monstres et Cie" ou autre gouleyante "Ratatouille" (mmmmmh). Mais Pixar, c'est aussi "Bound", "One Man Band", "For the Birds" ou "Lifted" (photo ci-dessus), soit toute une série de courts métrages toujours drôles parce que, mince, c'est Pixar quand même !. Mais aussi inventifs parce que ces films fonctionnent surtout comme une sorte de laboratoire d'expérimentation pour les jeune pousses naissantes de l'animation. Et de la jeune sève talentueuse, ça coule à flot dans le bunker de San Francisco ! Les amateurs, même irréguliers, de Pixar connaissent bien ces petits films puisqu'ils sont systématiquement projetés en première partie des longs et qu'ils apparaissent également régulièrement sur les DVD.

Eh bien cadeau pour les fêtes de fin d'année : la firme à la lampe de bureau têtue (Luxo, qui apparaît dans le logo animé et qui est elle-même l'héroïne du tout premier film Pixar) s'apprête à sortir le DVD (aussi disponible en Blu-Ray) regroupant l'intégralité de ces petits bonheurs. Ce qui n'était pas arrivé depuis, me semble-t-il, une édition VHS il y a quelques années. Allez, plus que 5 mois à attendre !

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La rivière du hibou  posté le mardi 31 juillet 2007 16:29

Blog de gregorya :Hors format, La rivière du hibou

Le nom de Robert Enrico (disparu en 2001) ne dit sans doute plus grand chose à grand monde aujourd'hui (je me souviens l'avoir découvert, ado et ému, avec un film devenu mini-série télé sur la Shoah, "Au nom de tous les miens"). C'est pourtant un des rares cinéastes français ayant concrètement influencé toute une génération de cinéastes américains devenus mythiques aujourd'hui. Comment ? Avec trois courts métrages (réédités aujourd'hui en DVD par M6 Vidéo), trois magnifiques miniatures qui procurent encore et toujours une forme indicible d'émotion. D'abord parce que ces trois films sont liés par une réelle unité de fond (il s'agit d'adaptations de nouvelles du romancier américain Ambrose Bierce toutes situées pendant la Guerre de Sécession) mais surtout parce qu'ils ont en commun une magnifique unité narrative et visuelle, qui fait toute leur force : fluctuation permanente entre rêve et réalité, engloutissement de l'homme par la nature, récits de solitudes prises dans le tourbillon de l'Histoire, sans oublier un noir & blanc sublime.

Le plus célèbre des trois courts métrages est sans doute La rivière du hibou, qui raconte les dernières minutes de la vie d'un déserteur, lequel, au moment de sa pendaison, rêve qu'il part retrouver sa fiancée. Entre l'onirisme de "Peter Ibbetson" (un grand classique avec Gary Cooper) et des scènes de guerre dans la meilleure veine humaniste de John Ford, ce court métrage extraordinaire allait gagner la Palme du Meilleur court en 1962 et l'Oscar en 1964 (entre pas mal d'autres prix), puis devenir (avec quelques minutes en moins) un épisode de célèbre série "La quatrième dimension" une fois que Rod Serling en eut racheté les droits. Lucas et Spielberg, alors adolescents au moment de ce premier passage télé, ne s'en remettront pas. 

Quant à Chickamauga, c'est un certain George Romero que ce récit influença fortement, dans sa vision d'une humanité réduite à l'état de zombies, en l'occurrence un groupe de militaires vus à travers le regard d'un soldat devenu sourd.

Reste L'oiseau moqueur, peut-être le film le moins connu des trois, dans lequel un jeune militaire perd son bataillon, connaît l'épreuve de la solitude puis se perd dans un souvenir d'avant-guerre qui le mènera à la mort. 

Voilà pour des bijoux d'une beauté d'un autre monde. Portez-les en sautoir, en médaillon ou en bague, mais portez-les. Vous serez plus beaux (dans votre tête) avec !

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Criquette forever !!!  posté le lundi 23 juillet 2007 16:14

Oui, je suis censé parler de courts métrages, mais tant pis.

Je le dis : Aujourd'hui, je ne pourrais plus vivre sans "Le coeur a ses raisons", déraisonnable et surréaliste feuilleton québécois, parodie de soaps qui peut provoquer la mort (symptomes récurrents  : gloussements incontrôlables, hoquetements douloureux, étranglement puis étouffement. Pas de remède connu à ce jour).

L'histoire : Suite à la mort du magnat de la beauté Doug Montgomery, qui, mais qui prendra le contrôle de la compagnie ? Son fils Brad Montgomery, séduisant gynécologue fiancé à la fabuleuse reporter Criquette Rockwell ("semi-célébrité, ex-reporter, directrice de la programmation de la station de télévision de St-Andrews, mère en devenir, future femme de médecin, businesswoman, ex-chanteuse de piano-bar pour les malentendants et artiste de vaudeville hors pair"), laquelle maltraite copieusement sa bonne dévouée, Madge ? Le démoniaque jumeau de Brad,  Brett (forcément démoniaque, étant habillé d'une moustache et d'un pantalon de cuir) ? Un autre éventuel rejeton (OK, pas de spoiler, c'est dans la saison 2) ? Ou bien peut-être l'ex-femme de Doug, Crystale, monolithe facial sculpté au Botox ? Reste aussi Ashley Rockwell, infirmière au grand coeur (et grands poumons) et soeur jumelle de Criquette, sans oublier la pernicieuse, bien que blonde, Becky Walters, et encore moult personnages névrosés qui défient la loi de la gravité dans cette bonne vieille ville de Saint-Andrews... 

Question à deux euros : comment ce feuilleton (2 saisons de 13 épisodes pour l'heure, et une troisième et dernière vient d'être tournée) n'a-t-il pas encore trouvé preneur en France ? M6 serait sur le coup, heureusement, peut-être pour la rentrée. Le culte est imminent : préparez-vous à souffrir de bonheur.

En attendant, deux coffrets DVD sont déjà sortis outre Saint-Laurent, et voici le site que propose le réseau télévisé québécois TVA. 

Dernière curiosité pour la route : les comédiens s'expriment non pas avec l'accent québécois comme on pourrait s'y attendre (exit, donc, les "tabarnac" et autre "ça n'a point d'sens") mais en Parisien pointu, ainsi que le veut la tradition dans le doublage québécois des séries et films américains.

 

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Sus au Mammouth Pobalski !  posté le lundi 16 juillet 2007 10:31

Blog de gregorya :Hors format, Sus au Mammouth Pobalski !

J'ai vu ce court (enfin court... presque 40 minutes, c'est plus très court) il y a bientôt un an, et depuis ça n'arrête pas : Prix du Public au Festival de Clermont, nomination au César du Meileur court, passage aux prestigieux Lutins du court métrage... Il est même sorti en DVD (édité par la Fnac, conséquence de son Prix Attention Talent Fnac) il y a quelques mois. Son réalisateur, Jacques Mitsch, est un inconnu du grand public bien qu'il réalise des courts et des docs depuis vingt ans.

Alors pourquoi ce Mammouth, et pourquoi Pobalski ? Le mammouth parce que Jacques Mitsch est passionné de paléontologie, et Pobalski parce qu'il s'est amusé d'une dinguerie telle que la création d'un pays (l'Oubalski) et d'une langue (l'Oubalsk) pour son film, tourné en noir et blanc dans un bled des Hautes-Alpes censé jouer un village paumé d'une ex-province soviétique reculée.

L'histoire du "Mammouth Pobalski" est un "faux-cumentaire" racontant l'épopée de Pierre-Victor Bouvier, un candide explorateur français qui met le cap sur l'Oubalski, où l'on a signalé la présence du cadavre d'un mammouth laineux prisonnier des glaces. Avant de pouvoir accéder au bestiau, Bouvier va se heurter aux moeurs, gastronomie et coutumes locales, notamment le rock oubalsk, fort aviné (merci à la  culture Leningrad Cowboys) plus proche de Throbbing Gristle que d'Interpol. Tout ça, Bouvier va le découvrir flanqué d'une traductrice qui s'emmêle régulièrement la langue dans le tapis...

Justement : créer une langue de toute pièce, au moins un court avait tenté l'expérience : "La vis" de Didier Flamand en 1993 (avec Jean Reno et toute une flopée d'acteurs perdus dans une sorte de cauchemar kafkaïen), mais "Le mammouth Pobalski" va plus loin en recréant l'illusion - très réussie - d'une culture et d'un peuple. Un peuple du style sauvage et fier, tribu de moustachus peu avenants pratiquant l'art délicat du catch dans la neige fraîche. Tout ça est à la fois barré et complètement maîtrisé, et dépaysant tout en restant étrangement familier aux amateurs de documentaires d'exploration. Ca ne s'attache à aucune famille thématique du court métrage français contemporain, et même si le rythme faiblit en fin de parcours, un tel geste créatif mérite un grand salut. Et un encouragement, car un long métrage, "Il était une fois l'Oubalski", est en préparation. 

En attendant de vous procurer le DVD, vous pouvez toujours jeter un oeil au carnet de tournage

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Bertrand Bonello multimédiatisé  posté le mardi 10 juillet 2007 11:22

Blog de gregorya :Hors format, Bertrand Bonello multimédiatisé

Cinéaste, musicien ? Il n'a pas longtemps hésité, Bertrand Bonello : dans la vie, il fera les deux. Sous le pseudo de Laurie Markovitch (en fait un collectif musical à géométrie variable, également composé par l'ex-Innocents Jipé Nataf, et Mirwaïs), il a logiquement composé les BOF de tous ses films, de "Quelque chose d'organique" à "Tiresia" en passant par "Le pornographe".

Aujourd'hui, parce qu'il ne fait rien comme personne, Bertrand Bonello effectue carrément le chemin à l'envers à l'occasion de la sortie de son premier "vrai" CD, "My New Picture". Une heure de musique à tendance "ambient post-rock" (oui, ça veut dire quelque chose !) à laquelle il a décidé d'ajouter une "bande-image" afin de mieux donner à écouter la musique. Ca ne dure plus que 35 minutes, ça sort en salles le 12 septembre... et ça ne s'arrête pas là : une installation vidéo est également prévue, et un site web est déjà en ligne. Sans oublier les partitions disponibles sur la plage CD-ROM du CD. On est conceptuel ou on ne l'est pas.

 

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